UNE PSYCHOTHERAPIE ? POUR QUI ?
Pour quiconque se sent psychologiquement vulnérable ou fragile, se lancer à la recherche d’une psychothérapie ou d’un psychothérapeute peut paraître une entreprise particulièrement éprouvante.
Parmi toutes les psychothérapies (plus de 200 officiellement répertoriées), y en a-t-il de plus efficaces que d’autres?
Est-ce que certains problèmes s’y prêtent mieux?
Quand et comment devrait-on y avoir recours?
C’est à ces questions que ce chapitre tentera de répondre, même si les réponses ne seront ni définitives, ni absolues.
Le domaine est encore jeune, en constante évolution, et beaucoup de controverses subsistent.
Plusieurs écoles de pensée s’affrontent.
Heureusement, on retrouve aussi de très nombreux points d’accord.
Dans l’état actuel des connaissances, trois conclusions principales semblent s’imposer :
* La majorité des psychothérapies bien menées donnent de bons résultats.
* La réussite de la thérapie dépendrait d’abord et avant tout de la motivation et de l’engagement du sujet.
* L’alliance thérapeutique qui s’établit entre le patient et son thérapeute serait beaucoup plus déterminante pour prédire l’issue du traitement que la technique particulière utilisée par l’intervenant.
Quand on ressent un mal-être, qui souvent perdure depuis des années, on éprouve un jour le besoin d’en parler à quelqu'un d’extérieur, une personne neutre, qui vous aidera à comprendre ce qui se passe.
Il est indiqué autant pour des problèmes tels que le stress, la relation à l'autre, la confiance en soi, la déprime, la dépression, l'angoisse, les phobies, les troubles de personnalité. Cependant, la démarche n’est pas facile à entreprendre et il est fréquent que la prise de rendez-vous avec un psychologue psychanalyste constitue une étape d’autant plus difficile à franchir, qu’au départ, on pensait pouvoir s’en sortir seul.
La psychothérapie vise l’atteinte d’une vie riche et satisfaisante dans les situations normales du quotidien.
Sa stratégie caractéristique: fournir les outils nécessaires pour que la personne puisse vivre pleinement et diriger elle-même sa démarche de croissance, tout au long de sa vie.
Le psychothérapeute travaille à instrumenter son client pour
* qu’il se sente vivant dans son quotidien
* qu’il reprenne son pouvoir sur sa satisfaction
* qu’il demeure en développement tout au long de sa vie.
D'autres grands thèmes peuvent être à l'origine d'un travail personnel: les problèmes liés au poids, la relation à son corps, la sexualité, les séparations et divorces, les problèmes familiaux...
Pourtant, le psy est justement formé à l’écoute de la souffrance. En recevant la parole du patient, il lui permettra peu à peu de comprendre son histoire, de se comprendre. Le moment venu, il lui proposera des interprétations pertinentes qui donneront sens au discours et rendront possible la prise de conscience des représentations et des répétitions, levant ainsi progressivement les symptômes.
Une fois les premières résistances surmontées et le rendez-vous pris, les premiers entretiens se déroulent en face à face. Ces entretiens doivent permettre au psy et au patient de faire connaissance. Pour le psy, il s’agit, à partir de ce que lui livre spontanément le patient, d’évaluer son fonctionnement psychique actuel pour lui proposer le mode de traitement le plus adapté à sa problématique. Le silence relatif de l’analyste favorise le libre déploiement de la parole du patient, mais ce silence ne doit pas être obstiné, car si certains patients associent facilement, d’autres ont besoin d’un étayage important. La façon dont se sera déroulé ce premier entretien déterminera chez le patient son désir d’entamer ou non un travail avec ce psy. En effet, un travail sur soi, psychanalyse ou psychothérapie, suppose une relation de confiance profonde entre le patient et l’analyste.
Le travail psychanalytique consiste à interroger son histoire, la façon dont on se perçoit et dont on perçoit les autres et le monde qui nous entoure, pour découvrir l’origine inconsciente de ses symptômes et de sa souffrance. Le patient doit respecter la « règle fondamentale » en associant librement, c'est-à-dire en verbalisant tout ce qui lui vient à l’esprit lors de la séance, même ce qui lui paraît désagréable, incongru ou inconvenant. Ceci est destiné à favoriser l’éclosion de processus inconscients, parmi lesquels les rêves, les lapsus et les actes manqués qui seront analysés et interprétés.
A l’issue des premiers entretiens, en fonction de ce qu’il aura entendu et observé, le psy pourra proposer des types des cadres de travail psychanalytique différents.
Quoi qu'il en soit, de nos jours le suivi psychothérapeutique est de plus en plus démystifié. Rares sont ceux qui pensent encore qu'une psychothérapie est réservée aux "fous".
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