L'aide

 

                                 L'aide

L’aide, c’est quand celui qui écoute, accompagne vers une raison plus profonde (généralement par le guidage non directif).
Cette raison qui cherchait à émerger est alors validée.
En fait, c’est comme la communication, sauf que l’enjeu y est plus intime, plus profond, plus signifiant. Il y s’agit vraiment de la reconnaissance d’une source profonde de vie et de ressenti en l’autre.
Celui qu’était le patient dans ce moment de vie passée y est pleinement reconnu. Dans le cas de la vielle dame qui refusait la toilette « l’enfant que vous étiez à trop souffert quand on lui a fait ces choses ? »,  puis « S’il y a eu tant de douleur je comprend que vous ne supportiez pas qu’on vous fasse votre toilette »
Cette validation d’une raison profonde appartient au domaine de l’aide. Dans la communication, la raison validée se trouve plus en « surface » et est souvent d’importance plus modeste.
Passer à la thérapie, c’est encore autre chose.

     Thérapie

Le fait que l’action soit thérapeutique n’a rien à voir avec la durée de l’échange (l’échange peut être très long et n’être que de la relation ou être court et être de la thérapie). Ce qui fait que l’on passe de l’aide à la thérapie, c’est qu’après la validation de ce que l’enfant a vécu (dans l’exemple ci-dessus), le thérapeute invite la patiente à devenir une ressource pour l’enfant, douloureuse et seule, qu’elle a été.
Ce peut être une invitation à la visualisation suivante :


- « Vous voyez cette enfant que vous étiez ?
Vous pouvez imaginer que la femme, que vous êtes, allez vers cette enfant ?
Que vous dit-elle ? Etes-vous d'accord pour l’entendre ?
Pouvez-vous lui dire que vous l’entendez ?Pouvez-vous la prendre dans vos bras… ? »


Toutes ces invitations, ici nommées successivement, ne se faisant chacune qu'après une validation par le patient, indiquant qu'il peut le faire.
Puis vérifier "

- "Comment se sent l’enfant quand vous faites cela ?"  puis  "Comment vous sentez vous ?"

Cette description est très sommaire.
Le déroulement peut se trouver émaillé de toutes sortes de nuances. Mais la description en est ici suffisante pour bien différencier une situation d’aide d’une situation de thérapie.

La thérapie n’est pas ce qui est demandé au soignant s’il n’est pas psychothérapeute. Il peut arriver néanmoins quelquefois que "le pas psychothérapique" soit si minime à ajouter qu’il se fasse presque naturellement.
L’aide ou la thérapie se doivent d’apporter un plus, à celui qui en bénéficie.
Dans le cas contraire, il s’agit au moins de ne pas nuire.
S’il est très dommageable qu’une situation d’aide ou de thérapie soit inefficace, ça l’est bien plus si elle cause une nuisance.
Pour, au minimum ne pas nuire, il importe de respecter les points suivants :

    -Etre distinct sans être distant
    (chaleur sans affectivité)

    -Respecter le symptôme
    L’utiliser comme un chemin à emprunter et non comme une chose à combattre ou à effacer.

    -Respecter sa cause
    Comprendre qu’il s’agit de réhabiliter et non de combattre ou enlever cette inestimable racine de vie.

    -Respecter les résistances
    Ajuster le cheminement en suivant leurs indications. Ne jamais tenter d’effacer ces indicateurs. Respecter les seuils d’indiscrétion.

    -Ne pas interpréter
    Privilégier le non savoir. Seul le patient sait.


    -Avoir confiance dans le patient
    Faire équipe avec lui – le soignant n’est pas seul.

    -Ne pas porter de jugement ni envers le patient ni envers ceux dont il se plaint.
Chacun a sa raison.

Quand, malgré cela,  le soignant atteint sa limite et ne sait pas faire mieux, il se doit de déléguer vers quelqu’un dont l’expérience permettra d’apporter l’aide nécessaire au patient.

Les composantes médicales

La qualité de l’aide psychologique ne doit naturellement jamais faire oublier les composantes médicales.
Il y a même, nous l’avons vu au début de cet article, des composantes  somato psychiques dans lesquelles il faut s’occuper du corps pour apaiser l’esprit.
Certains troubles psy, d'ordre psychiatrique nécessitent même une prise en charge médicamenteuse prescrite par un médecin psychiatre, qui rappelons le, est le seul habiliter à faire cette prise en charge, les autres psy n'en ayant pas la capacité professionnelle.

La qualité de l’aide permet de mieux mettre en œuvre  les soins médicaux mais bien sûr ne les remplace jamais.
Quand ces soins médicaux sont nécessaires, il ne remettent cependant pas en cause le fait qu'un accompagnement psychologique peut avantageusement  leur être associé.

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Dernière mise à jour de cette page le 15/08/2008

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