La communication

 

                                 La communication
     
Pour comprendre le guidage non directif, il importe d’abord de comprendre ce qu’est la communication.
La communication, c’est quand l’individu (le quelqu’un) compte plus à nos yeux que l’information échangée (le quelque chose).
Il s’agit de ne pas confondre la communication avec la relation.
Une situation relationnelle est au contraire une situation où l’information compte plus que l’individu.

Être communicant signifie être ouvert. Être relationnel signifie être relié.

La communication génère de la chaleur humaine, du respect et de la liberté. La relation génère de l’affectivité, de l’attachement et de la vulnérabilité.
On ne peut aider avec un état relationnel. On n’aide qu’avec un état communicant. L’aide consiste plus en une ouverture d’esprit à autrui que dans un attachement à lui !
Utiliser le mot « relation » pour parler d’ouverture est étymologiquement inadapté.

L’état communicant engendre naturellement les cinq points de validation suivants :

   
 - 1 Recevoir

  La première phase consiste à recevoir l’information venant de l’autre. Recevoir, c’est juste disposer de l’information.
Si vous recevez une lettre en langue étrangère, vous avez la lettre, mais pas forcément la signification de celle-ci. « Recevoir » est une étape qui  précède « comprendre », qu’il s’agisse d’informations verbales ou d’informations non verbales.
C'est l'oeuvre des sens. Quand l’aidant reçoit l’information émanant de l’aidé, il lui adresse un accusé de réception (verbal ou non verbal). C’est la 1ère validation


  
 - 2 Comprendre

L’accès à la signification se fait dans une deuxième étape, suite à la réception. C'est l'oeuvre de l'intellect.
Si l’aidant comprend ce que l’aidé lui exprime, il lui adresse alors un message de compréhension (verbal ou non verbal)
C’est la 2e validation.


   
 - 3 Accueillir

    
Commence ici ce qui différencie la communication de la relation. L’information est reçue, comprise… puis l’aidant accorde inconditionnellement à l’aidé que si tel est ce qu’il exprime, il a une raison juste de l’exprimer.
Il lui accorde que si tels sont son point de vue, sa pensée et son ressenti c’est qu’il en porte en lui le fondement pertinent.
Cela ne signifie pas que l’aidant pense comme l’aidé !
Il lui accorde simplement que telle est sa pensée et que cela  a un sens pertinent au plus profond de lui.
L’aidant adresse alors à l’aidé un message d’accueil (verbal ou non verbal)
C’est la 3e validation

Naturellement, c’est ce sens pertinent, cette raison, qui devient le sujet du guidage non directif. L’aidant n’est pas autorisé à poser la moindre question à l’aidé si ce point de l’accueil n’est pas respecté, car il risquerait de faire mauvais usage de ce qu’il fera émerger et porter préjudice au patient.

    Les trois premiers points de validation signifient séparément :
    1- j’ai bien entendu (accusé de réception)
    2- je comprends tout à fait ce que tu veux dire (message de        compréhension)
    3- je conçois que tu penses ainsi (message d'accueil)

    Le plus souvent, un simple mot résume tout cela. Ce peut être « d’accord », « ok », « bien » ou « très bien » et le non verbal fait le reste. Parfois il n’y aura même que le non verbal (un sourire, un regard) pour témoigner de ces trois premiers points de validation.

Généralement ces trois points n’ont pas été différenciés quand on parle de communication. C’est simplement parce qu’ils voyagent ensemble !
C’est un peu comme la lumière blanche : il n’y a qu’un faisceau lumineux, mais si vous supprimez une des couleurs qui le constitue …il n’est plus blanc (la lumière blanche résulte de l’assemblage du rouge du bleu et du vert et n'est blanche que s'il y a les trois, en juste proportion)

  
  - 4 Remercier (4e phase)

    
L’accueil étant réalisé, l’aidant peut poser une question à l’aidé pour lui faire préciser ce qu’il vient d’exprimer.
Pour « sonner juste », la question ne doit quasiment jamais porter sur des faits ou des détails, mais presque toujours sur le ressenti du patient.
Quand par exemple le patient dit « j’aimerai voir mes enfants », on ne lui demande pas « quand les avez-vous vu la dernière fois ? ».
La bonne question sera « ils vous manquent beaucoup ? »
Le patient a plus besoin de parler de son manque que de son carnet de rendez-vous ! Quand le patient répond « oui, beaucoup » le soignant lui donnera la  validation suivante : le  Message de gratitude (verbal ou non verbal).
C’est le 4e point de validation

En effet, il ne s’agit pas ici simplement de valider l’accueil, mais aussi de manifester à l’aidé qu’il ne nous était pas dû qu’il nous réponde, que sa réponse est précieuse et que nous lui sommes reconnaissant de nous avoir accordé le privilège de nous la révéler.

L’aidant doit recevoir chaque réponse comme un don précieux qui ne lui est pas dû. Cela peut paraître beaucoup ? N’oubliez pas qu’il s’agit de la vie intime du patient et qu’il serait plus qu’inconvenant de trouver cela ordinaire. Il importe aussi que l’aidant ait conscience que chaque réponse offerte par l’aidé nous rapproche de sa raison… pour ne pas dire de son « trésor ».

Le soignant donne de son temps au patient.
Le patient livre des bouts précieux de sa vie au soignant.
La transaction est quitte car les deux sont de valeur inestimable.


   
5 Valider la raison (5e phase)

    
Le projet, c’est l’accès à la raison.
Souvent une question ne suffit pas et il s’en succédera ainsi deux, trois, quatre (ou plus) pour arriver à un point où il devient évident que s’il y a eu ceci (ce qui vient d’être révélé) nous comprenons bien qu’il y ait aujourd’hui ce mal être.
Cette 5e validation est le message de cohérence. C’est le 5e   point de validation.
Il est rare qu’il ne soit que non verbal.
Il s’accompagnera presque toujours de mots, mais pas forcément. Celui-ci valide la raison et donne tous le sens à ce que le patient exprimait initialement. Il se passe ici deux phénomènes :

    1-La validation de l’importance de ce qui est révélé. Par exemple l’aidé dit « quand j’étais enfant mon père rentrait tard et je devais toujours me coucher avant qu’il arrive »
L’aidant valide :
« c’était vraiment dur pour l’enfant que vous étiez de ne pas avoir le droit de rester à l’attendre ?»
Si le patient confirme par un « oui », suit l’éclairage du lien entre la raison et le symptôme.

    2-Par exemple, le patient s’était plaint initialement du fait que les proches doivent sortir lors d’un soin.
Au lieu de simplement lui expliquer pourquoi on fait sortir le proche, le soignant lui aura demandé ce qu’il lui était si insupportable quand on le fait sortir. Par deux ou trois questions, le patient en est arrivé à révéler ce qui le touche.
Le soignant peut alors lui accorder ce lien : Si quand je demande à vos proches de sortir ça vous rappelle ce moment pénible je comprends que ça vous soit tellement  insupportable.

A l’issue de cela le soignant pourra, soit accorder au proche de rester quand cela est possible, soit expliquer pour quelle raison le proche ne peut rester. Un patient qui, s’est senti reconnu, peut mieux entendre ce qu’on lui dit, qu’un patient qui s’est senti nié sans une simple explication.

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Dernière mise à jour de cette page le 15/08/2008

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