Les nouvelles psychothérapies
Une liste exhaustive des thérapies non psychanalytiques nées pendant ces trente dernières années serait impossible à établir.
Il y en a, en effet, plusieurs centaines.
Elles se définissent tantôt par les interlocuteurs auxquels elles s’adressent : groupe, famille, couple, institution, tantôt par le procédé préférentiel qu’elles utilisent : art-thérapie, musicothérapie, ergothérapie, tantôt par l’utilisation d’une médiation corporelle : relaxation, yoga, voire “ enveloppement humide thérapeutique ”, par exemple.
Mais le critère de classification le plus pertinent reste la théorie psychologique à laquelle le thérapeute se réfère et les modèles conceptuels qu’il utilise pour comprendre la dynamique psychique de son action psychothérapique. C’est en fonction de ce type de choix théorique qu’il peut élaborer ses interventions et modéliser le type de relation qu’il désire avoir avec son patient.
Dans cet ordre d’idée, on pourrait citer un très grand nombre de techniques qui tiennent ainsi à garder leur spécificité théorique, même si celle-ci est plus souvent alléguée que démontrée.
Parmi beaucoup d’autres citons l’hypnose, la Gestalt-thérapie, la Bioénergie, l’Analyse transactionnelle, le Cri primal, mais la liste est pratiquement illimitée.
Remarquons cependant que l’apport théorique de ces techniques a eu, en France, relativement peu d’influence sur les pratiques psychothérapiques des psychiatres, c’est pourquoi nous nous contenterons de rappeler les seuls fondements théoriques des quatre courants principaux que nous avons cités.
1 - le courant humaniste
La psychothérapie humaniste, comme la psychanalyse, se centre sur la personne (client centered psychotherapy) et cherche également à promouvoir l’autonomie de celle-ci mais elle a l’ambition de le faire en dehors de toute théorisation préalable, ce qui aboutit néanmoins à la construction d’une nouvelle théorie. Elle préconise une relation d’aide basée sur une compréhension réciproque et sur l’empathie du thérapeute pour son patient.
C’est un psychologue américain, Carl Rogers, qui a défini le premier les concepts de la psychothérapie humaniste et précisé sa technique. En dehors de l’empathie, celle-ci se fonde sur la notion de “ congruence ”, c’est à dire sur la coïncidence intuitive des sentiments du thérapeute avec ceux du patient.
La congruence s’exprime par la re-formulation des affects tels que le psychothérapeute les ressent, c’est à dire avec un certain décalage qui permet de valider positivement les sentiments négatifs éprouvés par le patient.
La psychothérapie humaniste se pratique aussi en groupe.
Elle insiste alors sur les aspects bénéfiques de la rencontre et sur les espaces de liberté que celle-ci permet d’ouvrir.
Les psychothérapies humanistes s’adressent surtout à des individus qui cherchent à épanouir leur personnalité, à se dégager des dépendances aliénantes et à s’ouvrir à de nouveaux espaces de liberté. Elles se combinent parfois à la psychothérapie d’inspiration psychanalytique à partir des notions “ d’empathie,d’intersubjectivité et de narration ”.
SOCRATE disait déjà que la connaissance de soi passait par la possibilité de retrouver les souvenirs, ce qu'il appelait la réminiscence. C'était le sens de son fameux "connais-toi toi même". Plus tard, DESCARTES montrera avec "Le traité des passions" qu'il existe des phénomènes qui échappent à la conscience claire.
Mais il faut attendre la fin du XIXè siècle pour que la pensée consciente soit destituée de la toute puissance où elle était juchée, et qu'on puisse se rendre compte que, loin de dominer faits et gestes, elle ne représentait qu'une instance, soumise à différents déterminismes (économiques, biologiques, etc.) qui lui échappent.
Ici, nous ne retiendront que le déterminisme psychologique inconscient que FREUD n'a cessé de mettre en évidence toute sa vie.
Nous ne nous attarderons pas sur les conditions historiques ni sur le contexte idéologique de la fin du XIXè siècle, qui ont donné naissance à la psychanalyse. Disons simplement qu'à partir de cette époque, le statut de la parole et de la pensée consciente apparaîtra tout à fait bouleversée et qu'il existe aujourd'hui de nouvelles manières de concevoir la maladie psychique et ses traitements.
C'est notamment la notion de mémoire qui va faire apparaître l'importance de l'histoire de la personne dans son être au monde.
Or, cette mémoire de l'histoire individuelle dépasse la conscience : ce qui a marqué et qui lui a échappé s'est déposé dans une mémoire inconsciente qui se manifeste à travers les rêves, les lapsus, les symptômes dont le sens véritable n'est pas perçu.
Ainsi la personne est constituée d'une partie consciente et d'une partie inconsciente au point qu'on peut dire qu'elle est autre que ce qu'elle pense être.
C'est essentiellement en utilisant l'hypnose que Freud s'est rendu compte de l'incidence de la vie de l'enfant sur l'état psychique de l'adulte. C'est à cette occasion qu'il a découvert que la mémoire traumatique de l'enfance subsistait et qu'elle n'était rien d'autre que l'inconscient. L'inconscient peut donc se définir comme le passé infantile, comme l'enfant qui demeure en chaque adulte et qui parfois gémit sous le poids de l'amnésie, adulte à qui il tente de redonner mémoire précisément à travers lapsus, rêves, symptômes, etc.
On comprendra alors que chacun peut être travaillé à son insu par des pensées, des images, des souvenirs auxquels il paraît nécessaire de redonner conscience ep parole. L'expérience montre que la mise en mots, la prise de conscience permettent de retrouver un sens, puis ouvrent la voie d'un mieux être, d'une guérison.
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2. Claude Cotard Le 26/02/2009 à 12:29
1. elie Le 26/02/2009 à 11:53
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